The Eyes of Ghana : quand le Ghana se regarde dans l'œil de sa mémoire
Au BFI London Film Festival 2025, le documentaire The Eyes of Ghana fait revivre les archives d'un peuple qui se redécouvre à travers sa propre caméra.

Au BFI London Film Festival 2025, l'Afrique a trouvé une voix singulière et lumineuse avec The Eyes of Ghana, documentaire poignant signé Ben Proudfoot et coproduit avec Anita Afonu, figure montante du cinéma ghanéen. Le film raconte l'histoire de Chris Tsui Hesse, 93 ans, caméraman de légende et témoin privilégié de l'indépendance du Ghana aux côtés du président Kwame Nkrumah.
Des décennies d'images perdues ou détruites hantent la mémoire du pays. Après chaque bouleversement politique, des films furent effacés, d'autres expédiés à l'étranger, comme si l'histoire visuelle du Ghana devait s'effacer elle-même. Mais The Eyes of Ghana refuse cet effacement. Le documentaire fait revivre les archives, les sons et les visages d'un peuple qui se redécouvre à travers sa propre caméra.
Entre passé et présent, Proudfoot filme avec pudeur la relation entre Hesse et Afonu : deux générations reliées par la passion du cinéma. L'un incarne la mémoire, l'autre la renaissance. Ensemble, ils rappellent que le cinéma africain ne doit pas seulement exister sur les écrans des festivals, mais aussi dans les salles du continent, là où bat encore le cœur des spectateurs.
Présenté dans la section documentaire du BFI London Film Festival, le film s'impose comme un plaidoyer pour la restitution des archives africaines et pour la reconnaissance des pionniers souvent oubliés. Avec des images magnifiquement restaurées et un ton empreint d'émotion, The Eyes of Ghana redonne au Ghana ses couleurs et son regard. C'est un film sur la mémoire, mais aussi sur la dignité et la transmission. Une œuvre qui rappelle que préserver nos images, c'est préserver notre âme.
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