NISA 2026 : Abidjan, épicentre d'une ambition cinématographique africaine
La 7e édition de la Nuit Ivoirienne du Septième Art et de l'Audiovisuel se tiendra le 7 novembre prochain, confirmant la volonté de la Côte d'Ivoire de s'imposer comme un hub majeur de la création sur le continent.
Alors que le secteur audiovisuel ivoirien connaît une effervescence créative sans précédent, la 7e édition de la NISA s'apprête à couronner l'excellence. Entre professionnalisation accrue et rayonnement international, cet événement cristallise les espoirs d'une industrie en pleine mutation.

Un rendez-vous ancré dans la stratégie nationale
Le 7 novembre 2026, Abidjan vibrera au rythme de la 7e édition de la Nuit Ivoirienne du Septième Art et de l'Audiovisuel (NISA). Plus qu'une simple cérémonie de remise de prix, cet événement, né de l'initiative de la Conférence des Producteurs Audiovisuels de Côte d'Ivoire (CPACI), s'est imposé comme le baromètre de la vitalité cinématographique nationale. Placée sous le thème « Cinéma et Audiovisuel africain : quelles stratégies de professionnalisation pour une industrie plus compétitive ? », cette édition souligne une volonté claire des autorités et des professionnels : transformer le talent brut en une industrie structurée et pérenne.
Une sélection rigoureuse pour une compétition exigeante
La montée en puissance de la NISA se mesure à l'aune de sa sélection. Pour cette édition 2026, le Comité Scientifique de la NISA (CSN) a dû opérer un tri drastique parmi 140 productions enregistrées. Après plusieurs phases d'examen, seules 35 œuvres ont été retenues pour concourir au prestigieux NISA d'Or. Ce processus, qui a vu 88 productions présélectionnées, témoigne d'une exigence accrue et d'une multiplication des créations locales. Comme le souligne la Commissaire Générale, Patricia Kalou, l'objectif est de faire de la Côte d'Ivoire une véritable terre de tournage, capable de rivaliser sur la scène internationale.
Le cinéma comme levier de soft power
Le soutien institutionnel, porté par le Ministère de la Culture et de la Francophonie, illustre la dimension stratégique du cinéma ivoirien. Le Dr Mango Mansoh Gethème, représentant la ministre Françoise Remarck, a récemment rappelé que le septième art constitue un levier de « soft power » essentiel pour le rayonnement du pays. Cette dynamique s'inscrit dans un écosystème plus large, marqué par des initiatives telles que le projet « Premier Continent », porté par Isaach De Bankolé et Philippe Lacôte, qui ambitionne de créer une école panafricaine de théâtre et de cinéma à Abidjan. Ces projets, conjugués à la vitalité de productions comme la série « Zanka » de Kadhy Touré, dessinent les contours d'une industrie ivoirienne qui ne se contente plus de consommer des images, mais qui les produit et les exporte.
« Je suis de ceux qui pensent que la fiction façonne la réalité », déclarait Kadhy Touré lors de l'avant-première de sa série Zanka, résumant ainsi l'ambition de toute une génération de créateurs ivoiriens.
Vers une reconnaissance internationale
La NISA ne se limite pas à une célébration interne. Elle sert de vitrine aux talents qui, à l'instar de l'actrice Fat Touré — triplement nominée cette année, notamment pour son rôle dans 3 Cold Dishes —, portent les couleurs du cinéma ivoirien sur les scènes internationales, de l'Italie aux NXT Honors. En mettant en lumière ces parcours, la NISA renforce la crédibilité des professionnels locaux auprès des investisseurs et des diffuseurs internationaux. À quelques jours de la cérémonie, l'effervescence est palpable. Abidjan, en se positionnant comme une capitale du cinéma africain, confirme que son avenir se joue aussi sur les écrans, porteur d'une identité culturelle forte et d'une ambition économique assumée.
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