AKAA 2026 : Le Carreau du Temple, épicentre d'une création africaine en pleine effervescence
Pour sa onzième édition, la foire « Also Known As Africa » confirme son rôle de passerelle incontournable entre les scènes artistiques du continent, ses diasporas et le marché international.
Du 23 au 25 octobre 2026, le Carreau du Temple à Paris devient le théâtre de la 11e édition d'AKAA. Entre photographie à l'honneur, design audacieux et dialogue intercontinental, la foire s'affirme plus que jamais comme un espace de décentrement du regard et de célébration de la pluralité des esthétiques africaines.

Au cœur du troisième arrondissement parisien, sous les verrières historiques du Carreau du Temple, une effervescence particulière marque cette fin d'octobre 2026. La foire Also Known As Africa (AKAA) y déploie sa onzième édition, s'imposant une fois de plus comme le rendez-vous de référence en France pour l'art contemporain et le design issus du continent africain et de ses diasporas. Fondée par Victoria Mann, cette manifestation a su, au fil d'une décennie, transformer le paysage artistique parisien en offrant une visibilité inédite à des créateurs dont les œuvres, trop longtemps restées en marge des circuits traditionnels, dialoguent désormais avec les plus grandes institutions mondiales.
Un décentrement nécessaire du regard
Le succès pérenne d'AKAA ne repose pas seulement sur la qualité des œuvres exposées, mais sur une philosophie curatoriale exigeante. Comme le souligne son directeur artistique, Sitor Senghor, l'objectif est de « ralentir le regard » et de « déplacer nos certitudes ». Dans un monde globalisé où les étiquettes simplificatrices ont la vie dure, AKAA s'efforce de présenter l'Afrique non pas comme un bloc monolithique, mais comme un espace de création pluriel, en constante mutation. Cette édition 2026 réunit une trentaine de galeries venues d'horizons divers — de Lagos au Caire, en passant par Beyrouth, Genève ou Rome — témoignant de la vitalité des scènes locales et de la force des réseaux diasporiques.
La photographie, fil rouge de cette 11e édition
La grande nouveauté de cette année réside dans la mise en lumière particulière de la photographie. Avec la création de l'espace « AKAA PHOTO », la foire rend hommage à un médium qui, depuis le bicentenaire de son invention, n'a cessé de documenter, de réinterpréter et de sublimer les réalités africaines. La présence de figures majeures, telle que la photographe camerounaise Angèle Etoundi Essamba, souligne cette volonté de lier l'histoire du médium aux enjeux contemporains de représentation. Ce focus photographique permet d'aborder des thématiques sociales, historiques et identitaires avec une acuité nouvelle, loin des clichés exotiques qui ont longtemps pollué le regard occidental sur le continent.
Au-delà de la foire : un écosystème en mouvement
L'importance d'AKAA s'inscrit dans un écosystème plus large. Alors que des artistes comme Ibrahim Mahama, invité à la Fondation Cartier, portent la voix du Ghana sur la scène internationale, des initiatives comme la Maison d'Art Créole Gaston, présente au stand A10, rappellent que la création africaine et afro-descendante est un dialogue permanent entre matières, mémoires et territoires. Ces échanges académiques et artistiques, qui traversent les frontières, témoignent d'une porosité féconde entre les cultures. La foire ne se contente pas d'être un marché ; elle est un lieu de recherche, de résidence et de transmission, où le design et l'artisanat d'art trouvent également leur place, réinventant les codes de la figuration et de l'abstraction.
« Le but de cette foire, c'est de donner de la visibilité à des artistes africains ou afro-descendants qui n'ont pas cette visibilité dans les grandes foires internationales », explique Sitor Senghor.
En conclusion, cette 11e édition d'AKAA confirme que le dialogue entre l'Afrique et le reste du monde est plus vivant que jamais. En refusant de réduire le continent à une seule étiquette, la foire offre une plateforme où la complexité, l'engagement politique et l'innovation esthétique se rencontrent. Pour les collectionneurs comme pour le grand public, le Carreau du Temple devient, le temps d'un week-end, le point de convergence d'une modernité africaine qui, loin de se contenter de répondre aux attentes du marché, impose ses propres récits et ses propres visions du monde.
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