Jeunesse

Contes de la taille du soir : pourquoi conter encore aux enfants

Au crépuscule, l'oral revient. Pourquoi cette vieille forme résiste-t-elle si bien aux écrans ?

Le conte ne se laisse pas déclasser par les vidéos. Sa matière est faite de souffle et de silence — deux éléments que l'écran, lui, ignore. Enquête sur une veillée qui revient.

Awa DiopAwa Diop 13 août 2026 1 min Mis à jour le 8 septembre 2026
Veillée et transmission orale à la lueur d'une lampe
Veillée et transmission orale à la lueur d'une lampe © Savane Écho (illustration générée par IA)

Un temps qui n'a pas d'heure

Le conte ne se consomme pas. Il s'écoute comme on écoute la pluie qui commence : sans savoir combien de temps elle tiendra. Le soir, on s'installe, on taquine la lampe, et la voix commence. Les enfants sentent très bien que ce temps-là n'est pas mesurable ; c'est précisément pourquoi ils le tendent.

Le conte, un exercice de morale douce

Sans discourir, le conte pose des questions siennes : qui tricher ? qui aider ? à quel moment punir ? L'araignée gourmande finit-elle toujours punie ? La jeune fille têtue, est-elle punie ou récompensée ? Le conte laisse la question ouverte, et l'enfant décide lui-même où il se place. C'est une éthique sans cours.

Rires, peur, silence

Le conte sait faire rire et faire peur dans la même minute. Cette elasticity fait sa force face aux dessins animés qui, eux, calibrent les émotions. Le conte tolère l'indécision émotionnelle : on peut trembler et rire en même temps, ce qui est, aux yeux des enfants, une sophistication rare.

Reconter, sans nostalgie

Conter n'est pas un acte de conservation, mais de transmission vivante. On ne dit pas « il était une fois » pour embalmer une tradition : on le dit pour qu'un enfant, à son tour, ose la forme. Reprenez le soir une histoire ; laissez-la dérailler. Vous offrez à l'enfant quelque chose que l'écran ne donnera jamais : une histoire qui dépend encore de lui.

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