Histoire

Les Soninkés (Sarakolés/Marakhas), peuple du soleil et des empires

Au cœur du Sahel, les Soninkés ont forgé leur identité à travers des siècles de commerce, de migrations et de souveraineté, au sein de l'Empire du Ghana.

21 septembre 2025 2 min Mis à jour le 30 septembre 2026
Les Soninkés, peuple du Sahel

Au cœur du Sahel africain, là où le fleuve Sénégal trace ses méandres et où les terres arides rencontrent la savane verdoyante, réside un peuple dont l'histoire est intrinsèquement liée à celle de certains des plus grands empires de l'Afrique de l'Ouest : les Soninkés. Souvent désignés sous les noms de Sarakolés ou Marakhas, ils ont forgé leur identité à travers des siècles de commerce, de migrations et de souveraineté.

Des origines anciennes et légendaires

Les racines des Soninkés plongent profondément dans l'histoire, remontant bien avant la formation des empires qu'ils ont contribué à bâtir. Le peuple soninké est l'un des plus anciens habitants de la région du fleuve Sénégal. Leur nom même, « Soninké », signifierait « peuple du soleil » ou « ceux qui viennent du soleil », une référence à leur ancienne vénération du soleil, divinité primordiale dans leurs croyances d'antan.

Au cœur de l'Empire du Ghana : le « Royaume de l'or »

C'est sous la bannière de l'Empire du Ghana (ou Ouagadou) que les Soninkés ont atteint leur apogée. Fondé autour du VIIᵉ siècle, l'Empire du Ghana, dont le cœur se trouvait dans les actuelles régions de l'ouest du Mali et de l'est du Sénégal, était surnommé le « Royaume de l'or » en raison de son contrôle quasi-monopolistique sur le commerce de cet or précieux qui traversait le Sahara. Grâce à leur génie politique, leur organisation sociale et leur maîtrise des routes transsahariennes, les Soninkés firent de Ouagadou une métropole florissante. L'or, le sel et les esclaves transitaient par leurs marchés. Les souverains soninkés, appelés « Kaya Maghan » (roi de l'or), régnaient avec autorité, leur cour étant réputée pour sa richesse et son faste.

Le déclin et la dispersion

Comme de nombreux grands empires, le Ghana connut un déclin, affaibli par des invasions, des révoltes internes et le déplacement des routes commerciales. Le facteur décisif fut l'ascension des Almoravides venus du nord, qui mirent fin à l'empire au XIᵉ siècle. Les Soninkés ne disparurent pas, mais se dispersèrent, entraînant des mouvements migratoires massifs. C'est au cours de cette dispersion que plusieurs groupes commencèrent à être désignés par des noms spécifiques. Les « Sarakolés » émergent comme le groupe ayant migré plus à l'est ; les « Marakhas » désignent également des groupes soninkés. Ces désignations varient selon les régions, reflétant la diversité des identités post-Ghana.

Un héritage commercial et culturel durable

Malgré la perte de leur empire centralisé, l'esprit soninké de commerce et d'organisation a perduré. Marchands réputés, artisans habiles, agriculteurs travailleurs, ils ont joué un rôle crucial dans la formation d'autres entités politiques et dans le développement de villes comme Djenné et Tombouctou. Leur culture est riche en traditions orales, en chants, en danses et en une organisation sociale forte. L'islam, introduit progressivement, s'est intégré à leurs pratiques culturelles tout en conservant certaines valeurs ancestrales.

Aujourd'hui, les Soninkés sont présents dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest — Mali, Sénégal, Mauritanie, et dans une moindre mesure Gambie et Guinée. Leur histoire est une invitation à comprendre comment un peuple, malgré les bouleversements et les migrations, a su préserver son identité et continuer à prospérer.

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